Les faits du hasard – 104.Cent quatre

Visite le 14 janvier 2018
 vagabondageautourdesoi-104-wordpress-4.jpgD’abord, le lieu : Un vaste espace pourvu de bâtiments le bordant, avec deux entrées de chaque côté du bloc, ouvert depuis 2008 sur les anciennes pompes funèbres municipales de l’Est parisien. Après des débuts difficiles soutenus par les subventions municipales, la fréquentation a considérablement augmenté. Ce dimanche là, énormément de monde, des jeunes qui se sont appropriés le lieu pour répéter leur chorégraphie, des familles avec de jeunes enfants soit endormis dans les poussettes soit à l’assaut de l’espace central de jeux au milieu, et puis d’autres qui sont venus pour se faire voir, pour regarder, pour méditer, pour passer un bon moment, pour découvrir, pour se promener, pour boire un café, pour se retrouver!

 

vagabondageautourdesoi-104-wordpress-5Ce dimanche là, avait lieu la Battle de Salsa. Du monde partout, un orchestre et son animateur et une ambiance très festive!
Il faut ajouter que dans ce lieu, il y a des expositions, des spectacles, un marché bio le samedi, des ateliers de danse urbaines, du Qi gong régulièrement et même des ateliers de Do-in, deux bistrots, et même la maison des petits inspirée de la Maison Verte de Françoise Dolto où les relations  parents et enfants y étaient soutenues et préservées.
Un état de toutes les manifestations diverses et variées est présenté journellement sur leur site.

EXPOSITION INTERNATIONALE D’ART CONTEMPORAIN NUMÉRIQUE

09.12.2017 > 04.03.2018
Accidents artistiques intentionnels et relecture poétique d’une société technologique perçue à l’heure du numérique sont au cœur de la prochaine exposition centrale de la Biennale internationale des arts numériques au CENTQUATRE-PARIS, Les Faits du hasard. Une façon pour l’homme de reprendre la main sur la machine. Codirection artistique : Gilles Alvarez et José-Manuel Gonçalvès
vagabondageautourdesoi-104-wordpress-1.pngL’exposition présente plus de 25 installations numériques  dans différents lieux ce qui permet une respiration salutaire tant les œuvres peuvent interpellées, étonnées et même dérangées.
On est au cœur d’une exposition étrange qui bouleverse les codes de la création puisque ce ne sont pas les accidents technologiques ou les hasards scientifiques qui orientent l’artiste dans sa recherche mais plutôt l’artiste qui organise le hasard et choisit l’accident, l’erreur pour interpeller, interroger ou émouvoir.  La création peut donc être éphémère et passagère. C’est le 3ème RDV annuel organisé par NEMO qui s’ouvre à l’internationale, aux arts du spectacle vivant et aux performances de toutes sortes.

Poésie magnifique

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David Bowen – Télé présent wind – 2011

Cette installation consiste en une série de dispositifs mécaniques inclinables de 42 x / y reliés à des tiges de plantes sèches minces installées dans une galerie et à un pédoncule séché relié à un accéléromètre installé à l’extérieur. Lorsque le vent souffle, la tige extérieure se balance. L’accéléromètre détecte ce mouvement en transmettant le mouvement au regroupement des dispositifs dans la galerie. Par conséquent, les tiges dans l’espace de la galerie se déplacent en temps réel et à l’unisson en fonction du mouvement du vent à l’extérieur. En juin et juillet 2010, cette pièce a été installée au Laboratoria Art & Science Space de Moscou et le capteur a été installé dans un espace extérieur adjacent au Visualization and Digital Imaging Lab de l’Université du Minnesota. Ainsi, les composants individuels de l’installation à Moscou se sont déplacés à l’unisson en imitant la direction et l’intensité du vent à l’autre bout du monde. Pendant qu’il surveillait et recueillait des données en temps réel à partir de cet endroit distant et éloigné, le système a relayé une représentation physique des conditions environnementales dynamiques et fluides.

Dommage que des sièges ne soient pas installés car j’y serais restée des heures!

Des sons modulés

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Mathias Isouard – Tensions dissonantes #
 Plutôt baroque, assez étrange, mais d’une grande poésie!

Construction en directe

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So Kanno et yang02 – Semi-senseless Drawing Modules
 Une grande fresque murale est créée par une multitude de robots autonomes qui s’activent en permanence : des capteurs envoient aux robots des données (sur le passage des usagers, la température ou le degré d’humidité) qui affectent les trajectoires, les mouvements et les vitesses de ces dessinateurs « post-humains ». Elle se dessine en continu pendant toute la durée de l’exposition et visiteurs, comme les passants dans la Halle Aubervilliers, verront donc évoluer pendant un mois et demi ses graphiques complexes et d’une grande finesse. Les artistes partent du principe que les facteurs environnementaux ont une influence directe sur leur état d’esprit donc sur leur travail.
Matérialisation d’un environnement en mouvement, assez étonnant!

Déconstruction…

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Fabien Zocco – Entreprise de destruction théotechnique
L’Entreprise de déconstruction théotechnique organise une collision entre la Bible et un agencement machinique qui en érode le sens. Le texte biblique est introduit dans une succession d’algorithmes qui le réécrivent de façon aléatoire.
Parmi les propositions produites, certaines relèvent d’une poésie abstraite due à des distorsions sémantiques.
Pour moi, incompréhension!

Beautés du vivant

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« Ruines » de Fabien Léaustic
La couleur des monolithes géants de Fabien Léaustic évolue tout au long de l’exposition en fonction de l’évolution de phytoplanctons qui les recouvrent. En effet, ils réagissent à l’air, à la température, aux particules drainées par les spectateurs, et plongent ceux-ci dans un univers de sculptures vivantes vertes et apaisantes.
Malgré le monde, un instant de zénitude.

Magnifique

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 « 11752 mètres et des poussières… »  Linda Sanchez
Une goutte d’eau en macro glisse longuement sur une surface dont on ne distingue ni les bords, ni la pente, ni la nature. L’infinie glissade de la goutte est réalisée grâce à un outil qui lui fait faire du surplace. Le filmage (course-poursuite) s’apparente aux techniques de documentaire animalier sauvage. Le film a été réalisé sur le toit du château d’eau de Décines-Charpieu. La bande-son, c’est l’environnement direct et sans retouche du tournage (vent, cloches d’églises, chien qui aboie…).
Magie du vivant !

Installation sonore

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Chijikinkutsu -Nelo Akamatzu
 Suikinkutsu est une installation sonore pour les jardins traditionnels japonais, apparue lors de la période Edo. Chijiki signifie le géomagnétisme qui existe depuis toujours et affecte tout sur Terre, bien qu’il ne puisse pas être perçu par l’être humain. Chijikinkutsu consiste en environ quatre cents verres et aiguilles magnétisées qui flottent sur l’eau dans l’orientation Nord-Sud. Lorsque l’électricité alimente le câble attaché aux verres, elle crée un champ magnétique temporaire qui attire l’aiguille vers le câble. Et les faibles sons produits par les aiguilles heurtant les verres résonnent tout autour de l’espace. Si les visiteurs écoutent attentivement, ils réaliseront que les sons ne proviennent pas de l’extérieur de leur corps, mais existent déjà au sein de leur esprit.
 Trop de monde et de bruit dans la salle pour apprécier.

The last pour moi

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Alice Jarry et Vincent Evrard  Lighthouse
Posés sur une surface de verre brisés à même le sol, des modules horizontaux permettent la rotation de carrés de verres colorés et de miroirs. Selon des rythmes différents, ceux-ci frappent le plancher, bougent sur leur axes et déplacent des fragments brisés par terre. Il en résulte des traces, des ilôts et des sillons de verre se font et se défont de manière organique et évolutive tout au long de la diffusion. Ces mouvements mécaniques produisent des sons, des grésillements et des cliquetis au rythme imprévisible qui seront amplifiés par la résonance du lieu. Une fois le soir venu, une constellation lumineuse se révèle dans les l’espace, actualisant des ombres et des éclats fugitifs sur les murs.

C’est hypnotique!

Pour José-Manuel Gonçalvès, il s’agit de « construire une exposition d’art contemporain qui va puiser dans toutes les esthétiques, dans le numérique, dans le théâtre d’objets, et de jouer de la variété du hasard pour montrer que le résultat d’une œuvre n’est pas toujours reproductible ».
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2 commentaires

  1. Bonjour Matatoune, merci pour ce très beau billet de l’exposition. Il y a de très jolis sujets!
    Bel après-midi.

  2. Merci à vous! Oui, c’était une exposition étonnante avec de très belles réalisations. Si vous avez l’occasion… En plus, le lieu est très sympa! Au plaisir de se rencontrer au fil de nos chroniques!

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