120 Battements par minute

Une récompense et 3 mois ont passés. Le film raconte la naissance d’Act Up France et son militantisme « qui vise à défendre les droits de toutes les personnes touchées par le sida. »
 J’ai tergiversé longtemps: j’y vais, j’y vais pas. Dernière semaine, je me décide.

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D’abord, ce n’est pas un film « tire larme », comme nous l’a vendu Cannes!

Ma génération, c’est celle de l’après 68. Un bébé devenait une personne. Une femme pouvait cumuler « amour, gloire et beauté ». La pilule, on en a usé et abusé. Le « faire l’amour, pas la guerre » était un slogan publicitaire!

On écoutait Village People sans les prendre pour des folles. Freddy Mercury jouait les bombes sexuelles auprès des hommes et…des femmes. David Hamilton photographiait les petites filles, sans que personne ne trouve rien à redire! Certains installés avec leurs   brebis dans le Larzac s’égosillaient en criant No Passaram.

Ces jeunes ont déboulé en parlant d’attraper la mort en faisant l’amour. Les puritains ont pointés homosexualité, drogue et dépravation. Nous, nous nous étions battu pour notre liberté. Eux, ce sont battus pour leur vie en niquant la mort! Du moins, c’est ainsi que le réalisateur souhaite nous le montrer et j’aime assez son point de vue!

 

Histoires d’amour, histoires de mort. Le film commence au moment où Nathan (le réalisateur certainement, Robin Campillo) découvre une RH d’Act Up. Plusieurs histoires vont s’imbriquer, mais c’est celle de Sean  que l’on va suivre. Lorsque la relation se noue avec Nathan, le film ajoute de la singularité empreinte de sensualité et sincérité au militantisme trublion et trash des actions. A ces interminables réunions où chacun semble jouer son rôle, immuablement, le réalisateur nous oppose des moments d’intimité pour décrire son amour. Alors la caméra filme lentement, comme un effleurement, un visage, un geste, un regard ou des fesses . Et, c’est réussi!

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La fin du film montre la maladie et les souffrances. Des scènes fortes : La Seine devenue rouge sang dans un cauchemar. Une chanson de communard pour l’enterrement d’un copain. Une mère obligeait d’habiller le cadavre de son fils.

 

Et, à la fin,  des cendres sur un banquet d’assureurs!

Le générique de fin passe sans musique. Un silence de plomb s’installe dans la salle. Personne ne se lève. Tous restent scotcher sur nos sièges! vagabondageautourdesoi-cine-wordpress-135

Ce film vaut bien une palme d’or, même s’il n’a eu que le Grand Prix du Jury au 70ème festival de Cannes!

 

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Robin Campillo, toujours plus dans la lumière

1962. Naissance au Maroc

Début des années 1980. Formation à l’Institut des hautes études cinématographiques (Idhec).

1997. Débute comme monteur sur le téléfilm Les Sanguinaires de Laurent Cantet, avec qui il entame une longue collaboration.

2001. Signe un premier scénario pour L’Emploi du temps de Laurent Cantet.

2004. Sortie de son premier long-métrage, Les Revenants, film de genre portant sur « le deuil décrit comme une crise mondiale, une expérience collective ».

2008. Signe le scénario d’Entre les murs de Laurent Cantet, Palme d’or à l’unanimité au festival de Cannes, qui lui vaut le César de la meilleure adaptation l’année suivante.

2013. Son deuxième long-métrage, Eastern Boys, sur un jeune prostitué ukrainien, est récompensé à la Mostra de Venise.

2017.120 battements par minute est primé à Cannes.

LA CROIX

 

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